Pas ce soir chérie j’ai mal à la tête

Un club de strip-tease, une bouteille de Cabernet Shiraz donnée par un membre d’un gang de motards, une femme battue, un œil au beurre noir, des problèmes avec des policiers et ma voisine… C’étaient les ingrédients de la recette d’un beau gâteau qui s’appelle « migraine ». La vie n’est pas toujours rose… Et je déteste être un héros.

Mes amis m’ont invité pour fêter un petit accrochage dans un club de strip-tease. Bien que j’aime les filles nues, je n’aime pas trop les boîtes de cul sur scène. Les strip-teaseuses sont là seulement pour l’argent, la bière est chère et sa qualité est merdique, pis le propriétaire d’un club est habituellement un gros dégueulasse. Mais ce sont le décor et les clients qui me dérangent le plus. De plus chaque club est la copie conforme des autres clubs.

Il y a plusieurs types de clients ; de jeunes connards prétentieux, étudiants à l’université, qui se comportent comme s’ils n’avaient jamais vu une femme, les motards qui cherchent à exprimer leur puissance et les vieux messieurs qui restent la tête baissée en se souvenant de leur jeunesse. Mais la plupart sont des hommes de mon âge, des hommes célibataires entre 35 et 50 ans. Ils ont tous besoin d’une femme dans leur vie et je les comprends. (après tout, je suis pornographe) Mais à leur façon de regarder les femmes, on peut sentir leur désespoir comme si c’était une odeur.

Il y a quelque temps la rue Saint Lawerence était surnommée « La Main. » Il y avait une véritable explosion du nombre de salles de spectacle, de cabarets et de tavernes. Les clubs de strip-tease n’étaient pas seulement des boîtes de cul mais aussi des salles de spectacles de variété. La clientèle était vraiment mélangée, un bel échantillon représentatif de la ville. Même les femmes qui n’étaient pas strip-teaseuses, venaient au cabaret pour voir Lili St-Cyr, la reine du strip-tease. Quand je pense à l’époque de mon grand-père et aux clubs qui étaient sur la rue Saint Lawerence. Je ne peux que hausser les épaules et dire « Quelle déchéance. »

Je faisais de mon mieux pour profiter de la compagnie de mes amis. Heureusement après ma troisième canette de bière à 6 bucks à base d’urine canette de bière à base d’urine j’ai dû aller aux toilettes. C’est là que j’ai rencontré un vieux motard surnommé « Dirty ». Les chiottes réservées aux hommes sont un endroit où on ne parle pas beaucoup. Un pissoir hétérosexuel est toujours entre dégueulasse et stérile et nous les mecs avons l’habitude de laisser un urinoir vide entre nous et l’homme suivant. Je veux dire que quand Dirty a pris l’urinoir juste à côté de moi et m’a demandé si j’étais gai ; je me suis demandé s’il cherchait à me baiser ou me frapper.

- Je n’aime pas les femmes trop maigres, sans seins, sans poils pubiens et comme une poupée Barbie. Répondis-je. Pis, je crois que la canalisation du pissoir va directement aux fûts de bière.

- Ça c’est vrai ! Me répondit-il en souriant. Pis les Barbies y en a à la pelle et le propriétaire est si radin que c’est sa mère qui nettoie les toilettes. Il lui a demandé de faire le strip mais même moi je ne suis pas prêt à payer pour voir ça toute nue. Je suis venu ce soir seulement pour être avec mes amis.

Trente minutes plus tard, Dirty et moi avons quitté la taverne pour jouer aux échecs, boire du thé et fumer un chicha dans un salon de chicha. J’ai appris que sa petite fille est la propriétaire de ce salon et qu’ensemble ils ont fait un voyage en Inde pour raison de spiritualité comme des anciens hippies. Pis j’ai appris que mon nouvel ami comprend bien les échecs. Il a parié une bouteille de Cabernet Shiraz fabriqué en Inde et moi, j’ai misé un DVD de Yoga nu. Malheureusement, je ne suis pas un joueur doué mais Dirty m’a quand même donné le vin. Je ne sais pas ce qui s’est passé avec mes amis dans le club de strip-tease mais j’ai passé une très bonne soirée avec Dirty.

Le jour suivant :

Je suis allé au parc avec un sac de naans (pain indien), un peu de ghee (beurre indien), le livre autobiographique de Henri Charrière et ma nouvelle bouteille du vin. Hélas je n’ai pas beaucoup profité d’un après-midi bucolique en ville, mais au moins j’ai bu un verre de cabernet avant le dérapage. Il y avait une famille dans le parc ; un père, deux enfants (une fille et un garçon) et leur mère. J’ai pensé que les gamins avaient entre 4 et 6 ans et la mère environ 25 ans. Mais le père avait clairement 40 ans ou plus et j’ai vu qu’il faisait peur à toute sa famille. Pis il était en train de gueuler sur sa femme.

J’aurais pu chercher un autre banc public pour m’installer. Mais comme un voyeur pervers, j’étais collé à mon siège et je regardais ce spectacle. J’ai entendu pas mal de mots comme, « salope » « pathétique » et « sale plotte ». Pendant ce temps les enfants essayaient de jouer avec une balle mais le garçon, le plus âgé, essayait de surveiller sa mère. Pis la fille a discrètement pleuré. C’est seulement quand l’homme cracha sur sa femme et leva la main pour la menacer que je décidai de m’interposer.

« Fuck » j’ai chuchoté en me demandant pourquoi je n’avais pas cherché une autre place pour m’installer. J’ai vidé ma bouteille sur le sol. L’homme était beaucoup plus costaud que moi et la bouteille serait une façon d’équilibrer le jeu. Laissant mes autres affaires sur le banc, je me suis approché de lui.

« Hé laisse la dame tranquille » j’ai dit et il m’a regardé avec mépris. Heureusement le bon dieu me voyait du coin de son œil car j’avais vu qu’il y avait une femme policier non loin de nous.

J’ai laissé tombé la bouteille à terre. Puis je me suis arrêté immédiatement devant le méchant. Mon idée était de le provoquer car si je pouvais attirer l’attention de la femme policier, ce monsieur serait leur problème et non le mien.

- C’est ta femme, j’ai dit, et pas un punching bag.

- Fuck you répondit-il, occupes-toi de ton cul.

- Fils de pute… T’es qu’une ordure qui bat sa femme et ses enfants. J’étais vraiment en crisse en disant ça.

Il a pris la main de sa femme. « C’mon c’est parti » Son but était de quitter le parc et de se débarrasser de moi. Hélas quand je joue les preux chevaliers, j’ai du mal à laisser faire une situation ou abandonner une femme. Surtout une femme avec enfants.

- Un pitoyable mal élevé ! C’est quoi les circonstances de ta conception ? Est-ce que c’est la condom de ton père qui a cassé pendant qu’il baisait ta plotte-à-crack de mère ?

Vlan !!!! Moins d’un instant après que ces mots soient sortis de ma bouche, il m’a frappé. Il m’a donné un bel œil au beurre noir et je suis tombé à terre. Quelques insultes et des coups de pied dans le ventre et les policiers sont arrivés pour me sauver. C’était probablement la première fois de ma vie que j’étais content de voir les flics. Ce mec était vraiment fort.

- Ça va monsieur ? Me demanda la femme flic. Oh, c’est vous.. notre fan numéro un. On doit donc tout faire dans les règles.

Inutile de dire que les policiers ne m’aiment pas trop et que je les déteste. Mais aujourd’hui ils sont un moyen de régler un problème. Ce n’est pas comme si j’étais un criminel… Après tout je n’avais commis aucun délit. C’est juste que je suis un peu bavard et que je crois que les porcs ne sont que des chiens.

Avec mon bon œil j’ai vu son équipier, un homme que j’avais croisé plusieurs fois dans les parcs et quand je faisais les poubelles. Il a l’air d’être un homme de la vieille école, honorable et respecté. Je lui ai fait signe de venir parler avec moi, pendant que la jeune policière appelait une ambulance pour moi.

- Je veux parler avec l’hôpital avant de prendre votre déclaration officielle. Il m’a dit.

- Monsieur, j’aimerais seulement que vous regardiez la femme et ses enfants, dis-je. C’est eux qui ont besoin d’assistance. J’ai dit.

Ses yeux ont percés les miens et j’ai su tout de suite qu’il avait compris la situation. « On a besoin d’une deuxième ambulance pour les enfants. Ils sont témoins d’une bagarre et ça pourrait les marquer psychologiquement… Madame vous pouvez aller avec vos enfants » En disant ça, il m’a tourné le dos pour parler avec mon agresseur et pour me donner un discret coup de pouce.

Après quelques heures, je suis finalement rentré chez moi.

Je n’ai rien cassé mais j’étais aveugle du côté gauche. Je me reposais sur mon canapé car c’était trop difficile de trouver mon lit. Pis j’avais mal comme si j’avais dormi sous les roues d’un train. Ma voisine Liza a frappé à la porte et j’ai répondu que c’était ouvert. Comme d’habitude, elle a commencé à me parler avant même d’avoir fermé la porte.

- J’ai foutu mon chum à la porte. Ça veut dire que nous pouvons passer une soirée sympa avec vin et popcorn. Pis je ne porte pas de culotte…….. Tabarnac !!! Qui a fucké ton visage ?! dit-elle en entrant dans le séjour.

- C’est une longue histoire. Répondis-je.

- As-tu baisé une femme mariée ? Demanda-t-elle.

- Non, j’ai sauvé une femme battue et ses enfants… Dirty, s’occupe d’elle. Pis sa petite fille avait un appartement disponible pour eux au-dessus de son salon de chicha. Dis-je.

- Qui c’est Dirty et sa petite fille ? Interrogea-t-elle.

- Dirty c’est mon nouveau ami. C’est un vieux motard. J’ai répondu.

- Donc… tu ne couches pas avec moi ce soir.

J’ai tourné la tête vers elle pour pouvoir la regarder avec mon bon œil. Sans que je dise un seul mot elle a simplement ajouté qu’elle allait chercher des glaçons pour mon œil. Malheureusement Liza et moi avons une relation plutôt sexuelle. J’ai appris tout de suite que quand elle ne fait pas l’amour, elle ne s’arrête jamais de parler. Elle a donc remplacé la douleur de mon œil par une très forte migraine.

écrivez-moi

NOTE: Il y a trop longtemps que je n’ai pas mis mon site à jour (ou à jouir!!!). Mes textes vous font mouiller, vous font bander? Vous aimeriez que je continue à publier? Vous avez des suggestions ou des commentaires à me faire parvenir? N’hésitez pas à m’envoyer un courriel (info@tabarnak69.com) et dites-moi si vous avez envie que je continue…

Mes pensées désordonnées

Je caresserais longuement ton corps avec ma bouche, ma langue, mes mains, mes doigts et mon sexe tout en personnifiant ces hommes que tu connais et cotoies depuis toutes ces années: ce vieil oncle aux mains baladeuses, ce voisin lubrique, ce collègue de travail qui ne cesse de te reluquer, ce prof dont le regard s’accroche à tes seins….

Étendu sur toi, je te pénètrerais en les évoquant, en te rappelant combien ils ont envie de toi…

Tu me résisterais, cherchant à te défaire de tes liens, tentant d’échapper aux caresses intimes de ces vieux vicelards…

Pourtant, lentement, tu sentirais ton corps te trahir et le plaisir t’envahir alors qu’à travers moi, ces hommes t’obligeraient à te soumettre à cette relation sexuelle que jamais, de ton plein gré, tu ne leur aurais accordée..

Anaïs et le voyage.

On ne sait jamais qui on rencontrera dans ce monde. Plus encore, on ne sait jamais qui on rencontrera de nouveau. Et dans mon monde c’est exactement ce qui s’est passé, la voix de quelqu’un de mon passé m’a appelé de l’autre côté de la rue. Comme dans la chanson qui dit : « mon pays ce n’est pas un pays, C’est l’hiver ». J’ai décidé que l’hiver du pays de l’hiver était un peu trop fort. J’ai donc choisi de passer du temps en Europe. La belle voix s’appelait Anaïs, une ancienne amie de voyage et une amante. Plus d’une décennie s’était passée, mais pour moi c’est comme si c’était hier.

« C’est vraiment toi ? ». Elle me regardait avec les yeux d’un enfant à Noël. Et je pense que moi aussi, j’avais le même sentiment dans mes yeux. Il fallait noter que j’avais toujours des cheveux longs et que je portais une bouteille de vin et un livre d’Albert Camus. Il était évidement que pour elle, je n’avais pas du tout changé. Pour moi, elle semblait être la même fille de mes souvenirs, elle avait un bouquet de fleurs, une très longue jupe et des sandales. Nous étions très contents de nous revoir et c’est pour cette raison que nous avons pris un café et que nous avons passé quelques heures en discutant nos vies.

Anaïs fit ma rencontre en Inde mais pour être plus précis, elle me sauva. C’était dans le village du Rajasthan où trois mecs armés avec des battes de crickets ont essayé de me menacer pour mon argent. Probablement la chose intelligente aurait été de leur donner mon portefeuille. Je n’avais que vingt pièces et c’était loin d’être le plus beau moment dans ma vie, mais cette belle femme a sauté sur le dos d’un de mes assaillants et j’ai flanqué un coup de pied dans l’entre-jambe d’un autre et la bagarre était finie. Après pour fêter notre victoire, on a dormi dans la gare de trains.
Belle, petite avec les cheveux noirs et raides, et un esprit plus courageux qu’un lion, mais plus gentil qu’un agneau.

Elle vit avec un homme de 15 ans plus âgé qu’elle depuis 5 ans et ils vont se marier dans les prochains 4 mois. Son beau est dentiste, très stable et n’a jamais pris de vacances sans se payer un voyage organisé. Elle a rit en disant qu’il n’avait jamais fait du camping et qu’il pissait derrière un camion quand il n’y avait pas de toilettes, c’est probablement son pire cauchemar. « ça veut dire qu’il n’est qu’un homme normal. » Il y eut un moment de silence comme pour indiquer que j’avais raison. Anaïs et moi, nous sommes d’une espèce rare. Après cette révélation la conversation s’est épuisée et elle s’est excusée, elle m’a promis de m’inviter pour dîner chez eux. J’ai cru que son invitation n’était que des civilités.

Le jour d’après j’ai reçu un appel. C’était Anaïs, elle et son chum étaient dans mon quartier et voulaient prendre un verre avec moi. Personnellement j’ai trouvé leur requête un peu bizarre car quand des amis de grands voyages se disent « adieu » c’est généralement pour toujours. Même s’ils étaient amants, ils se revoyaient très rarement. Sans aucun doute il n’y a pas une loi gravé dans le marbre, mais plutôt une habitude parmi ceux qui voyagent en quête constante du savoir. La question qui me brûlait la langue, est-ce qu’elle cherche vraiment à refaire notre amitié ou est ce qu’il y a quelque chose d’autre qu’elle veut ? Ma curiosité a été piquée, j’ai donc accepté son invitation.

Il n’y avait rien de spéciale au resto. Mais j’ai noté qu’il était très calme et discret, un très bon endroit pour discuter. Mon amie et son chum étaient déjà installés et je regardais son amoureux. Son costume de grand couturier, son parfum fort et sa coupe de cheveux impeccable, tiré à quatre épingles, en m’assoyant je remarquais toute de suite que Philippe avait un air très petit-bourgeois. Je ne suis pas contre les petit-bourgeois, c’est juste que les discussions sont souvent lourdes et fatigantes.

Philippe n’est resté qu’une heure. Les premières 20 minutes, après qu’il m’ait serré la main, il resta relativement silencieux. Malheureusement par la suite il s’est transformé en grand bavard et m’a touché plusieurs fois comme s’il était mon meilleur ami perdu. J’étais très content quand il s’excusa pour retourner à son cabinet dentaire. Sans être trop discret juste avant qu’il nous ait quittés, en regardant Anaïs, il a dit « À propos de notre discussion d’hier. Ma réponse est oui. Il serait un bon début. »
J’ai cru que ce n’était pas mes ognons. Mais peu après son départ, c’est devenu mes affaires.

– Que penses-tu de Philippe ?
Il était clair que c’était important à Anaïs que j’aime son chum.
– Il te rend heureuse et pour cela je suis très heureux. Même s’il est vraiment ”petit-bourgeois”. Répondis-je

Anaïs avoua et m’assura que Philippe était un homme bon. Mais ses paroles suivantes ont été étonnantes. Surtout parce que je n’ai pas l’habitude de supposer des choses.

– Philippe cherche un trip à trois avec toi… Disait-elle avec une douce modestie en battant ses paupières.

Carambolage; c’était la raison pour laquelle ils m’avaient invité à prendre un verre. Je ne suis pas contres les échangistes. Mais comme les petit-bourgeois, je les trouve un peu difficiles car leurs seuls soucis ne sont pas les sentiments d’amour et de partage mais c’est uniquement l’acte, l’objectif. Après tout l’échangisme c’est un jeu joué par les petit-bourgeois. Je suis loin d’être comme eux et le sexe sans sentiments n’est pas mon truc. Malgré le fait que la moitié de mon travaile est la pornographie et j’aime vraiment le sexe. Je restais silencieux pendant qu’elle parlait de nouveau.

– Ne sois pas moraliste. De plus tu n’es pas si innocent sans doute, tu en as déjà fait. Dit-elle en laissant la modestie.

Je grimaçais. C’est une amie et elle méritait une réponse. Mais, je n’étais pas certain de ma réponse. Ma curiosité a été encore piquée.

– Je m’en suis déjà fait plus d’une fois. Sans doute comme toi. Mais, tu as bien dit « Philippe cherche un trip » et non que tu ou vous cherchez.
Répondis-je
– Oui, tu as raison, je l’ai déjà fait à plusieurs reprises. Quand l’on vit une vie pleine d’aventures, le sexe suit souvent. Malheureusement Philippe n’est pas comme nous. Un trip à 3 est une aventure pour lui. Répondit-elle

Quand nous avons fait nos adieux, c’était la conclusion de deux ans ensemble. Un chapitre d’aventures entre Rajasthan en Inde et Katmandou au Népal. Après m’avoir acheté un déjeuner elle me dit qu’elle aurait voulu discuté du prochain trajet. Mais ce n’était qu’un sandwich acheté dans une station essence où un autobus s’était arrêté. La discussion a duré moins de 10 minutes avant qu’elle a prît le bus. Oui c’était un peu rude et un peu gênant. Mais je compris 8 mois plus tard quand je fis un départ similaire. Hélas entre la vérité de la rue et la quête du savoir, on trouve souvent un chagrin d’amour. Heureusement on s’adapte.

– D’accord. Je vais le faire. J’ai dit finalement.
– Tu es comme moi, cherchant des sentiments. Je te comprends, fais juste l’amour avec moi comment on le faisait et Philippe sera très heureux. Il n’y aura aucune obligation de faire un spectacle. Sourit-elle

Le date a été fixée pour le prochain jour à 21h00 et ensuite on a passé un après-midi très agréable.

Le lendemain soir

Selon moi, on n’avait pas de quoi en faire tout un fromage pour le dîner. Philippe était toujours un grand bavard, pire, il n’était pas trop discret en faisant ses allusions sexuelles. Pendant le dîner même il enleva la jupe d’Anaïs. J’ai cru qu’il était excité comme un enfant à Noël. Qui d’une manière était triste quand on considère son âge. Anaïs et moi sommes plus jeunes mais avons plus de savoir-vivre et de maturité. Notre repas a été conclu en refusant un dernier verre de champagne et nous sommes tous retirés vers la chambre à coucher. (Je déteste le champagne)

J’étais venu là pour mon amie et non pour Philippe. Je m’occupais d’elle, de ses besoins et son plaisir. Par contre Philippe s’occupait uniquement de son plaisir. Pour lui la chose la plus importance n’était pas sa fiancée mais ce genre de « live show ». Je l’ignorais le plus possible en restant poli et acculant. La scène n’a durée que deux heures et à la fin, il était bien clair qu’Anaïs était exploitée par son amoureux.

Bref son chum avait des envies pour le faire à nouveau. Mais j’ai fait mes excuses et Anaïs m’accompagna jusqu’à la porte. « On parlera bientôt » me dit-elle en fermant la porte. Je ne savais pas qu’est-ce qu’elle attendait, mais il n’y eut qu’une bouteille de vinho verde et un morceau de grana pandano qui m’attendaient. Pour moi mon rôle était fini.

10 jours après…Ma sonnette a retentit.

Anaïs se trouvait à ma porte. Elle été toute seule et c’était relativement tard dans la soirée. Aucune explication n’était nécessaire de ce qui s’était passé, elle avait quitté son chum. Quand un couple joue avec des choses comme l’échangisme; il peut seulement fonctionner à condition qu’il n’y ait aucune exploitation. Mais on dirait que sans l’exploitation de son amant, ce n’est plus de l’échangisme. C’est de l’amour libre.

J’ai fait du café et rempli nos tasses. Anaïs pris la parole.

– Je l’ai quitté… J’ai expliqué le problème. Malheureusement deux jours après, il m’emmenait au club libertin et me donna aux hommes. Puis, après un moment il m’a laissée toute seule pendant qu’il baisait une autre femme. Elle s’arrêta de parler et chauffa ses mains avec sa tasse.
– T’as raison. C’était l’acte qu’il cherchait et non une aventure… Et surtout pas un partage d’amour.

Elle était visiblement fatiguée et déçue. Mais je n’ai vu aucune tristesse dans ses yeux. Elle avait accepté que sa relation avec Philippe soit finie.

– Je suis venue ici pour deux raisons. J’ai toujours envie de voir le Machu Picchu et je me suis acheté un billet pour le Pérou. J’ai besoin donc d’un sac à dos et un sac de couchage. J’espère que tu en as. Dit-elle
– Oui, et d’autres trucs de camping. Tu vas reprendre le chemin du voyage? Répondis-je.
– Oui… Tu en as envie? Demanda-t-elle
– Pas du tout.

En ramassant des trucs de camping, on a librement parlé et c’est quelques heures plus tard qu’elle a dit ses autres raisons pour m’avoir rendu visite.

– J’ai dit que j’ai deux raisons pour être venue ici. Je suis obligée de te remercier… De te remercier pour être ce que tu es. Elle a pris une pause en glissant vers moi.
– Puis cette fois je n’ai aucune envie de te laisser tomber avec un sandwich. Je veux faire correctement mon départ.

De nouveau ses lèvres ont touché les miennes et on s’est retrouvés dans mon lit. Son corps était doux et chaud. Chacun s’occupait des besoins physiques et émotionnels de l’autre. Et sans agenda nos formes s’unifièrent silencieusement. Elle savait avant de m’avoir demandé d’aller avec elle que ma réponse allait être non. Cette fois comme la dernière fois, nous avons deux chemins différents. Contrairement à la dernière fois, il a quelque chose de plus que les aventures de voyages qui s’était passé entre nous. C’est un type d’amour fondé non pas sur l’innocence mais sur la maturité et sagesse. Le lendemain je l’ai déposée à l’aéroport. J’avais commencé à faire mes adieux mais elle m’a arrêté.

– Ce n’est pas un adieu. Ce n’est qu’un au revoir. Je te jure que je serai au Rainbow Gathering en 2014 à Spokane Washington. Voici prends mon E-mail.

Je l’ai pris et elle a pris son départ sur cela. Elle m’a laissé avec des envies de visiter le Pérou. Pis Je ne doute pas qu’elle sera au Rainbow Gathering 2014.

Qui suis-je ? / Who am I? (english/français)

(*English version below*)

Qui suis-je ?

Je n’ai jamais su ce que je voulais être en grandissant. Et quand on me le demandait, j’étais perplexe. Mon enseignante me demandait donc ce que j’aimerais faire et j’avais vivement répondu que j’aime faire les magasins de vêtements. Elle en a déduit que j’aurais désiré être tailleur et j’ai du lui dessiner un autoportrait de moi comme dans la peau d’un tailleur. La vérité était que ma réponse avait moins de rapport avec des vêtements et tout avoir d’être en compagnie des femmes. J’ai toujours aimé les femmes.

La plupart des hétérosexuels disent qu’ils aiment des femmes. Mais, ce que la grande majorité voudrait dire, c’est qu’ils aiment une femme quand elle est dans son lit, quand elle cuisine les repas ou quand elle s’occupe de ses enfants. En fait très peu d’hommes aiment vraiment les femmes pour leur côte féminin et beaucoup moins pour leur intelligence. Je suis d’accord avec la féministe Carol Hanisch quand elle disait « The personal is political » Mais j’ajouterais que le sexe est un outil qui peut libérer ou enchaîner. Dans la mesure où j’aime le sexe, pour moi l’acte sexuel a moins à faire avec une soif charnelle et plus à faire avec un beau moment badin partagé entre amis. L’attitude et les raisons de quelqu’un qui emmène une personne dans sa chambre sont peut-être plus importantes que ce qu’il y fait.

Je n’ai jamais répondu à la question de ce que j’aurais voulu être en grandissant. Mais j’ai une éducation universitaire et j’ai voyagé partout dans le monde et j’ai fait plein choses. J’ai fait de l’autostop entre Katmandu et la Chine et j’ai vagabondé du Mozambique jusqu’à Cape Town en Afrique du Sud. J’ai travaillé dans des domaines diverses. Pour payer les frais d’université, J’ai travaillé comme danseur nu et après obtenu mon diplôme, j’ai été cadre dans une entreprise transnationale et ensuite, j’ai vendu les fruits devant les stations de métro. Puis j’ai rencontré des hommes riches et pauvres. Quand j’étais enfant, j’ai serré la main de Pierre Trudeau quand il était premier ministre du Canada. Comme jeune adulte, j’ai trop bu avec Courtney Love et quand je suis arrivé à maturité je suis devenu un ami de Patrice Cabanel (Que son âme repose en paix).

Mes amies m’appelaient un aventurier mais selon mon sentiment, un aventurier c’est quelqu’un qui fait de l’alpinisme, saute en parachute et pêche en haute mer. C’est vrai que j’ai fait certaine de ces choses, mais je ne me vois pas comme un aventurier. Je me vois comme un bohème. Quelqu’un qui comprend que la vie est courte et essaye de profiter de sa beauté par l’émerveillement et les passions d’amour en compagnie de ceux que j’adore.

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* English version *

Who am I?

I never knew what I wanted to be growing up. And when I was asked, I was dumbfounded. So my teacher asked me what I liked to do and I quickly responded shopping for clothes. She deduced that meant I was going to be a tailor and I had draw a picture of myself being one. The truth was that it had less to do with the clothes and everything to do with being in the company of women. I have always truly adored women.

Now most heterosexual men say they like women. But for the majority of men that means they like a woman when she is in their bed, cooking their meals or looking after their children. Very few men actually like women just because of their femininity and even less for a woman’s mind. I agree with the feminist Carol Hanisch when she said, "the personal is polical" but I would add to her philosophy that sex is the tool that can either liberate or enslave. And inasmuch as I enjoy sex, for me the act has less to do with physical lusts and everything to do with a moment of playfulness shared between friends. The reasons and attitudes that someone brings into the bedroom are perhaps more important than what they do there.

I’ve never really answered that question about what I wanted to be when I grew up. But I’m university educated and I’ve traveled the world and done so much. I’ve hitchhiked from Kathmandu to China and wandered from Mozambique to Capetown South Africa. I’ve worked diverse fields, gone from being an exoctic dancer trying to pay for university to working for a transnational corporation and from that to selling fruit in a subway station. I’ve also met richmen and poor men. As a child I once shook the hand of Pierre Trudeau, while he was prime minister; as a young adult I got drunk with Courtney Love and as a mature man I become friends with Patrice Cabanel (may he rest in peace).

I have been called an adventurer by friends but to me an adventurer is someone that climbs mountains, jumps out of planes and goes deep sea fishing. Although I’ve done some of those things, I don’t see myself as an adventurer but as a bohème. Someone that understands that life is short and tries to profit to the beauty of it through wonderment and experiences of love in the companionship of those that I adore.

Occupons Montréal

C’est une très belle vie. Bien que ma vie soit loin d’être parfaite, je suis content quand je peux vivre un beau moment. J’ai toujours sous la main un peu de fromage et une bouteille de vin. De la bonne musique et une personne avec qui partager un beau moment de simplicité suffisent à me rendre très heureux. Malheureusement la majorité des gens ne se contente pas de si peu. Car ils souffrent d’une maladie de l’âme créée par la surconsommation..

J’ai décidé de passer quelques jours à Occupons Montréal. J’espérais fortement qu’il y avait encore des babas-cool dans ce monde. J’ai découvert qu’ils existent toujours, mais ils sont très peu nombreux ; même dans un mouvement comme “Occupons”. La bonne nouvelle c’est que j’ai rencontré une fille qui se décrit non comme une hippie mais plutôt comme un esprit libre. C’est un peu différent, car nous sommes en 2011 et non en 1968. La mentalité des années 1970 et les vrais révolutionnaires, comme Che Guevara, sont morts.

Elle s’appelle Élodie et elle a 21 ans. Entre ses « tweets » et ses « status updates » de fessebouc, je l’ai trouvée très intéressante. Elle n’a rien compris à mon discours sur Jacques Fresco, pourquoi ce n’est qu’un fou, pourquoi sa vidéo Zeitgeist mise sur youtube n’est qu’une connerie de fantasmes à la « Star Trek » née dans les années 1970, et comment les économies de ressources ont toujours existé. Pour elle et d’autres sympathisants du mouvement, une société fondée sur des artisans et des artistes est très éloignée de leurs préoccupations. Ce qui signifie que je suis content de rester un témoin de la bêtise qui caractérise cette époque. N’ayant aucune alternative, j’ai laissé faire la discussion et je me suis concentré sur sa beauté. Dans ce camp plein de sans-abri et d’autres, avec ses longs cheveux noirs, cette fille magnifique dégageait une énergie dont ses amis étaient dépourvus.

C’était le jeudi, une nuit très froide, et malgré mes efforts pour empêcher le vent d’entrer dans ma tente, mon pauvre domicile temporaire restait toujours froid. Un choix s’est présenté à moi : dormir avec Rejean le vieux sans-abri et son chien ou parler un peu avec des jeunes dans la station de métro. Heureusement pour moi, j’ai décidé d’essayer de passer du temps dans la station de métro avec les jeunes. Élodie se trouvait là et parlait du concept de l’amour libre (free love). Malgré sa diatribe sur la promiscuité et sur les préservatifs, j’ai tout de suite compris qu’il y avait quelque chose de baba-cool dans son âme et j’ai souri..

- L’amour libre n’est pas nécessairement branché à la promiscuité. Dis-je

Tout le monde m’a regardé et Élodie m’a demandé ce que je connaissais de l’amour libre. Je suis resté silencieux un petit moment pour réfléchir à ce que j’allais dire. Je ne voulais ni paraître arrogant ni parler comme un vieux.

– L’amour libre c’est une façon de penser et une façon de vivre et pas seulement du sexe. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie et j’ai eu la chance de connaître différentes personnes et de faire des expériences qui m’ont enseigné les vérités qui se cachent derrière cette philosophie de vie.

– Et cette philosophie n’a vraiment rien à voir avec le sexe ? me demanda Élodie.

- Le sexe est une manifestation de l’amour. Quand les gens comprennent qu’il y a du respect et non de l’ego entre eux, et aucune mauvaise intention, le sexe devient naturellement une facette de leurs relations. Et l’amour ne doit pas forcément être fondé sur la romance, comme dans les films hollywoodiens. On peut n’être que des ami(e)s. Tous les êtres vivants veulent toucher et être touchés par d’autres, ai-je répondu.

Pour la première fois depuis mon arrivée dans ce camp, une de mes paroles avait du poids. J’étais fier de moi parce que j’avais réussi à partager mes connaissances sans utiliser Internet. Un seul dialogue face-à-face a toujours plus de valeur qu’un million de conversations en ligne. De plus, il était évident qu’Élodie m’avait trouvé très intéressant. Je n’avais pas l’intention de draguer cette fille superbe. Pourtant je sentais que mes désirs masculins augmentaient. Les désirs sont naturels même si je suis un homme et pas un animal. Même si j’ai toujours le contrôle de moi-même.

Après quelques heures à bavarder avec les jeunes, j’étais fatigué et j’avais faim. J’ai dit bonne nuit à mes nouveaux camarades et je suis sorti de la station. Heureusement Élodie m’a suivi.

- As-tu quelque chose à manger ? m’a-t-elle demandé.
– Bien sûr mais je suis végétarien, mais tout ce que j’ai, je le partagerai volontiers, répondis-je.

Nous avons réchauffé et dégusté une soupe de tofu et des tomates, autour d’un feu de bois et de déchets. Ce n’était pas encore décembre mais la nuit était déjà très froide et humide. La météo ne laissait aucun doute sur le fait que les multinationales et le gouvernement allaient gagner contre le mouvement des indignés. Une fois repu, j’ai regardé Élodie et lui ai demandé si elle avait envie de partager ma tente. Sans aucun doute il ferait plus chaud à l’intérieur et sa compagnie serait plus agréable que celle du chien de Rejean. Malheureusement je n’ai eu qu’un long silence pour toute réponse. Mon discours sur l’amour libre était revenu pour me mordre le derrière

En remplissant sa tasse de chocolat chaud, je lui expliquai que je la trouvais extrêmement attirante et que j’avais envie d’elle. Je ne cherchais pas une conquête mais je ne voulais pas non plus passer la nuit dans la station de métro. Ce que je cherchais c’était de la chaleur humaine, pas une relation sexuelle. Elle m’a regardé d’un air soupçonneux et pendant un instant il était clair qu’elle allait dire “non merci”. Mais Dame Nature avait décidément choisi d’être mon alliée cette nuit-là parce qu’une rafale de vent l’a fait changer d’avis. Elle fit demi-tour pour aller chercher son sac de couchage et accepta de partager ma tente.

Il était 2h00 du matin et nous étions fatigués. Je n’ai rien dit mais j’ai vu qu’elle avait remarqué que j’avais enlevé mon pantalon. Oui c’était une nuit très froide mais je suis incapable de me coucher avec mes jeans. Elle était nerveuse mais elle l’acceptait. Ce n’était pas trop difficile de mettre un sac dans l’autre. Par contre, ça ne laissait pas beaucoup d’espace et on était forcés de se coller pour dormir ensemble. J’ignore quelles étaient ses pensées ou s’il elle avait toujours des soupçons sur moi car je me suis endormi immédiatement après avoir posé ma tête sur le coussin.

Ce matin-là j’ai été réveillé par une belle femme qui m’apportait un café bien chaud.

- As-tu bien dormi ? Demanda-t-elle

J’ai accepté le café et d’un grognement j’ai fait comprendre que j’avais bien dormi.

- J’ai vu que tu as fait de beaux rêves. Tu t’es quand même comporté en gentilhomme. .

Toujours assommé et un peu confus, j’ai lui ai demandé de quoi elle parlait. Avec un sourire elle fit remarquer ma braguette. Il était clair que j’étais excité.

- Tu as été excité toute la nuit. Dit-elle

- C’est que tu es très belle. Mais je suis un homme mûr, pas un animal. Je me contrôle. Malgré mes réactions physiques que je ne peux pas maîtriser. J’espère ne pas t’avoir trop gênée, répondis-je.

- J’ai senti ta raideur au milieu de mon dos toute la nuit, mais ça va ; c’était clair que tu dormais et que c’était une réaction physique incontrôlable.

La discussion du matin était bien embarrassante. Heureusement j’y ai survécu et c’est vrai qu’il y a pire dans la vie. Au moins on était devenus amis car Élodie avait confiance en moi. Elle était vraiment d’une grande beauté mais qui vivra verra. Je n’étais pas venu à “Occupons-Montréal” pour admirer la beauté des femmes. J’étais venu pour protester contre les entreprises qui sont prêtes à tout pour exploiter les gens et contre les gouvernements qui leur lèchent le cul. Malheureusement, il était évident que ce mouvement était voué à l’échec. Les jeunes d’aujourd’hui semblaient accros à Internet et pour eux Fessebouc c’était la démocratie. C’est pourquoi j’ai décidé d’aider les sans-abri présents au camp.

J’ai passé une grande partie de la journée à nettoyer des tentes, des vêtements, à faire du café et à sympathiser avec les autres campeurs. C’est alors que j’ai rencontré Béatrice, une veille hippie qui avait connu les années 1960. Comme moi, elle pensait qu’”Occupons” était une bonne idée en théorie mais pas avec une génération paresseuse et intoxiquée par les réseaux sociaux. Ça ne pouvait pas marcher..

Pour le pire ou le meilleur, Béatrice et moi avons discuté de ce problème à proximité de jeunes militants d’Internet. Elodie était parmi eux et tout s’est passé ; elle avait vu. C’était un mauvais moment de se moquer de nous et du négationnisme. Il y a eu des commentaires désobligeants sur notre âge et sur le fait qu’on n’avait pas compris l’intérêt de la technologie moderne, etc. Quand le nom de Ghandi a été évoqué, ma nouvelle amie s’est mise en crisse

L’ancienne enfant des fleurs a rétorqué que Ghandi avait prôné la désobéissance civile pacifique. Alors qu’eux ne faisaient que blogger et camper dans un parc.

- C’est très civil et très pacifique. Mais il n’y a pas de désobéissance. Pire c’est une excuse pour la poltronnerie, se défendit-elle.
– T’es qu’une hippie ! cracha un homme de 20 ans. T’es qu’une hippie avec son fils bâtard. Va-t’en ! Va-t’en, va chercher ta dope et son père !

J’abhorre la violence mais même Ghandi a dit : “Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence”. Le jeune homme est devenu agressif et j’ai senti qu’il cherchait la bagarre. Quand même, ils me ridiculisaient moi aussi, mais surtout Béatrice était âgée et je devais la protéger. J’ai dit en face à ce garçon qu’il ferait mieux d’aller chercher son Ipad avant qu’on le lui vole. C’est alors que quelques sans-abri se sont levés pour nous soutenir et le drame s’est arrêté là.

Élodie, choquée, est restée avec Béatrice et moi. Elle n’avait pas tout compris à ce drame. Rejean, qui était là aussi, a essayé de le lui expliquer à sa manière, en disant « le fucking peace et love bande de granolas » et « je suis alcoolique mais les granolas ne sont que des Ipad-oliques ». Rejean a laissé Élodie encore plus perplexe et comme Béatrice était fatiguée, c’était à moi d’éclaircir la situation.

- Comme les drogues, la technologie peut devenir une addiction. Malheureusement les personnes dépendantes peuvent se trouver des justifications. Elles pensent vraiment qu’elles n’ont pas de problème. Par contre les alcooliques ou les toxicomanes finissent par comprendre le problème quand ils dorment dans la poubelle. Malheureusement, pour les accros d’Internet il n’y aura jamais de benne à ordures. De plus, il y a beaucoup plus de démocratie dans une brique que sur internet.
– Je ne parle pas de ça ! Vous ne faites que critiquer certains des problèmes de ce mouvement ! me répondit Élodie.
– Leur fascination pour internet et leur dépendance aux gadgets électroniques de consommation sont devenus une religion. Ce que nous avons fait n’est rien de moins qu’insulter leur dieu, dit Béatrice toujours épuisée.

Élodie haussa les épaules et fit remarquer en souriant que c’était la nuit qu’elle avait passée avec moi qui l’avait changée. Mais Béatrice a vite répondu qu’elle avait choisi de dormir avec moi car elle n’était pas comme les autres. J’ai hoché la tête car ce qu’elle disait n’était que la vérité. Nous les hommes avons la mauvaise habitude de construire de petites sociétés ou des groupes pleins d’arrogance et d’auto-justifications de nos paradigmes. Pour moi c’est l’une des plus abjectes caractéristiques humaines imaginables. L’égoïsme de notre espèce est dégueulasse.

Comme moi et Béatrice, Élodie a abandonné les indignés et leur techno-religion pour assister des sans-abri dans le camp. Ils étaient très heureux d’avoir de nouveaux amis et d’être traités avec un peu de respect. Le reste de la journée s’est passé sans plus de drame. Puis quand le soleil s’est couché, ma jeune amie a cherché de nouveau la chaleur de ma tente et de mon corps. Cette fois, elle avait enlevé ses jeans pour dormir. Le début de la matinée a très bien commencé ! Parce qu’il n’y avait rien de plus beau que de sentir son corps se blottir contre le mien, puis sa tête sur mon épaule. C’est vraiment une très belle vie !

Mon troisième jour à “Occupons” s’est passé tranquillement. Les “jeunes militants” écolos ont gaspillé leur temps en surfant sur internet et en se réchauffant dans la station de métro. Puis quelques uns d’entre eux sont allés traîner au Dollarama. Mais Élodie, Béatrice et moi nous sommes occupés des sans-abri. Plusieurs fois Élodie m’a dit qu’aujourd’hui serait son dernier jour. Puis quand j’ai vu qu’elle avait rassemblé ses affaires dans ma tente, je me suis résigné à perdre cette beauté qui avait dormi près de moi.

Finalement à 20h00, autour d’un feu et d’un café, ma belle amie s’est assise à coté de moi et m’a demandé de lui parler de la philosophie de l’amour libre, ce que j’ai fait. J’ai dit que c’était un concept facile à comprendre. Il suffisait seulement d’être prêt à donner de l’amour à celui qui en avait besoin. Puis quand la confiance s’était installée, la certitude que votre ami n’avait aucune mauvaise intention à votre égard, le sexe suivait. L’amour ne demande rien directement. C’est comme un cadeau pour celui qui offre et celui qui reçoit. Élodie hocha la tête et se leva pour rentrer dans la tente. J’ai bu mon café en silence et remarqué que cette nuit au moins il faisait plus chaud.

- Il fait vraiment froid ce soir, c ’était la voix d’Elodie

Je n’ai pas répondu. En effet j’étais un peu déçu. Béatrice m’a regardé et elle aussi m’a dit qu’il faisait froid. Elle m’a conseillé d’aider mon amie à plier son sac de couchage. J’ai soupiré, il restait une demi-tasse de café et je n’avais aucune envie d’aider Élodie à quitter le camp. Hélas, je m’efforce toujours d’être un gentilhomme et c’est pour cette raison que je l’ai aidée..

Je suis entré dans la tente et j’ai vu que nos sacs de couchage n’étaient plus l’un dans’autre. Mais ils étaient faits de manière à ne former qu’un seul grand sac et Élodie était déjà dedans.

- Ferme les yeux. J’ai un cadeau pour toi, dit-elle.

Encore un peu étonné, j’ai senti ses bras m’enlacer et ses lèvres toucher doucement les miennes. Sa langue s’unissait à la mienne et laissait son goût dans ma bouche. Elle a chuchoté à mon oreille de fermer la tente. Puis elle a défait mes jeans. Ni jeans ni culotte, la beauté devant moi ne portait qu’un t-shirt et pas de soutien-gorge.

Son corps était très chaud, ses caresses très douces. Sans effort, elle me guida vers notre lit. Allongée sur le dos, Élodie me témoignait sa passion et me couvrait de baisers tandis que nos mains exploraient nos formes. Finalement la jeune et très belle Élodie a baissé ses hanches pour prendre ma masculinité dans sa féminité ; haletants, nos corps s’entremêlèrent jusqu’à n’être plus qu’un.

The Urban Peasant

For some reason people look for labels, a way of defining someone; or more correctly, a way of judging him.  Personally, I’ve never been a fan of labels.  Especially when it comes to people.  I’m whatever anyone wants to call me and I tend to not to worry about what others think of me.  I just try to live my life with respect for myself, for others and quite frankly for all things.  Life is very short, too short to waste time being an asshole.

But still, I leave many people perplexed as to how to “take me. ” So if I had to choose a label for myself, I would say I’m an urban peasant.  Admittedly that does conjure certain romantic notions and images of poetry, an old wine bottle with a candle in it and classical music, all of which I’m guilty of loving.   My biggest regret in life is that I never had the talent to become a painter.  Oh how I would love to have been that archaistic, I wouldn’t even need to live in the city.

For me being an urban peasant is about simplicity, finding hidden beauty and making love. When you consider everything from your car to your youth is temporary, it begs the question of why do most people behave as if everything they accumulate is somehow going to last forever when our very history shows that it won’t.  Even humans as a species will eventually become extinct.  The Universe changes constantly and as a consequence everything in it is temporary.

Tomorrow never comes.  There is only today.”  Janis Joplin.
Admittedly Janis was a very troubled woman, tormented by those around her since adolescence.  She was fat with bad acne as a teenager and the taunting of her peers left her with scars that manifested themselves in drug and alcohol abuse. In university, the campus newspaper did a font page article about her furthering labelling her as an outcast.  She was a woman with so much talent; but she needed to be loved and accepted.

Unfortunately the mass public suffers from a mental disorder of mocking and ridiculing those that find it difficult to conform to the standards of hoard.  Her drug problems did not come from her success; but started with diet pills (speed) long before she was a household name. Perhaps it was the thought that no matter what she did, or how popular her music was, she would never be able to conform or live up to everyone’s expectations.  Perhaps she felt that there would never be anyone that would just love Janis because of who she was.

Since I can’t and won’t be like everyone else, I can choose not to worry about what others think of me.  For some I’m a bum that picks garbage and for others I’m just a weird man with long hair.  But as they worry about flat screen TVs and how they’re going to afford payments on their vehicle, I’m watching the sunset or enjoying a walk in the rain, jumping into puddles.  The best way to not worry about being able to afford to pay your bills is to not incur any in the first place.

But I’m not without my own worries.  For example: I worry a lot about the squirrel that lives near my home staying warm for winter. This summer he and I have become regular dinner companions.  Everyday around 8pm he climbs up my balcony and sits on my table wondering what’s for dinner. (He has a fondness of Italian bread dipped in olive oil).  Most importantly I worry about making love, bonding with another human being and creating a beautiful spiritual moment.  (Sex even when it is aggressive, as long as it is done in mutual caring and with respect is always spiritual.  Regardless of who or how many participants there are.)  In the end it doesn’t matter what label someone gives me, today is all I have and I choose to enjoy it, in its simplicity and beauty.

Indian Summer

It was a Sunday in mid October and I had spent the morning dumpster diving, looking for treasures I could sell online.  I couldn’t help but notice that treasures I find are becoming more numerous and of really good quality, but selling those recycled objects is becoming harder, and the payback I get for searching, transporting, cleaning and/or repairing and listing my finds is seriously lower.  Obviously, it’s a symptom of a society that is itself becoming as disposable as the objects I pick up out of the garbage.  I kept wrestling with the thought that I may end having to permanently go camping if the world keeps heading on this path of self destruction.

I pushed the thought out of my mind because there was nothing I could do to change things and I headed home for a shower.  It was a beautiful day and I wanted to profit to a bottle of wine and some cheese at the park.  My mind danced with joy at the thought of a good Vino Verdé and some Rockfort; perhaps some smoked salmon as well… (If it wasn’t too expensive.) 

As I exited the super market, the salmon was expensive and of poor quality, I caught the glance of beautiful blonde haired woman in her early 60s. I smiled at her but she turned her eyes away from me, pretending to not notice me.  This of course let me perplexed; after all it was only a smile.  Since we were both headed in the same direction I decided to quietly walk behind her. When I was a young man I suppose that I would have been admiring her derriere.  But with 40 creeping up, I find that I’ve matured and was instead studying the way she moved.  She walked with purpose, but not at the same time.  Leaving me with the impression that she wanted companionship, but not, at the same time.

We arrived at the park and I found a tree to relax under where as the mysterious older blonde woman sat down on a park bench to watch some young children playing with a dog.  After a few moments she sighed and pulled a book out of her purse.  It became quickly obvious that she had no interest in the book and was surreptitiously still watching the children. I suppose the polite thing would have to left her alone. But curiosity got the better of me and I gathered my things and went over to sit beside the woman.

I said hello as I sat down but she remained focused on the children.  It was then I noticed sadness in her eyes and I speculated that she might have lost a child.   I tried again to initiate conversation, “beautiful and full of life”.  She responded this without hesitation, “absolutely…just like my petit Roger used to be.”  I shook my head believing that my guess was right, she had lost a child.  “Life’s not fair; is it ?” I cautiously added.   She paused for a moment and looked at me. “No it’s not.”  She had spoken so coldly and I took that as a note to back off.

I had sat quietly for about 15 minutes wondering what to say next, and found myself reflecting on the difference between when I was a young man in my early 20s and a mature man in my late 30s.  The difference was life experiences.  I had travelled large parts of the world and had many adventures and different jobs.  Then, it became obvious to me at least one of the reasons why this sad and mysterious older woman was keeping me at a distance.  She probably thought I was looking for sex.

“Do you like smelly cheese?”   She looked at me with a confused expression.
“It goes really great with some bread and a good wine.”   I then took out a fine and very old crystal wine glass from my sack and poured her a glass.  This thankfully gave me the result I was hoping for.

“You take real crystal glasses to the park” ?   I chuckled as she picked up the glass to examine it.  (If she had only known where I found those glasses she might not want to drink out of it).
“Life is short, so you must enjoy the little things when given a chance.”   She nodded her head and looked back at the children and I tried to broach the issue gently.  “ Was it someone you lost “?

“Yes, 5 years ago. He was best friend and we used to always play here.” She responded.
I apologized for her loss and tried to be compassionate.  She continued talking “He was a messy eater, left fur all over my bed and would frequently lick my face at night.  But for 25 years he was my best friend.”

It suddenly became obvious that she wasn’t looking at the children or even their parents. It was the dog she was getting melancholy over.  I had to remind myself that there were some very lonely moments in my life and I too had become very attached to an animal.  Unlike humans, animals don’t judge you; they just give you unconditional love. Something all of us not only want but need. So I enquired what kind of dog she had and Summer responded with 2 hours of conversation.  We drank my wine and complained about the cost and difficulty of finding good cheese.  In the end, I asked for her phone number and believed that she actually had given it to me.  But when I tried the number at home, it was the train station that answered.

You win some and you loose some,

but in this situation I wasn’t trying to play. I’ve come to realize that it’s very disrespectful to women to be searching for the proverbial score.  I actually found Summer to be very interesting and had hoped that I had found new friend. And for about a week I believed that the conversation at the park was were it ended.  But sometimes the universe has other plans because we ended up meeting again.  This time, in a dollar store.

I spotted her looking at some cheap wine glasses and I walked towards her making a joke about how we meet again.  She abruptly stopped looking at the glasses when she heard my voice and the guilty look on her face left no doubt about the phone number.  I try to be a gentleman whenever possible and I pretended it was my fault. “Sorry I didn’t call. I forgot to take the phone number out of my pants before washing them”.   Summer looked relieved and responded that she had been wondering why I never called.  An awkward situation was avoided and we quickly found ourselves conversing in the same manner as we had in the park a week earlier.

“So why are you looking at wine glasses?” I enquired.
“Because I don’t have any and I really enjoyed the Vino Verdé we shared.”
“Ahh”.. I chided, “Blame it on the Portuguese”.  Having said that I reached into my sack and gave her my two cystal glasses.

Summer than looked at me and shock her head in disbelief.
“Do you go every day to the park looking for women or what?”
I shock my head as a response and reminded her that we weren’t at a park but in a dollar store and that I didn’t spend my days looking for women but that I actually spent a large part of my days searching through the garbage for things to sell online.  It was at that point I informed her that the glasses were found in a refuse bin. Needles to say she was surprised.

“You must be joking.”  Her eyes flashed disbelief as she spoke.
“You’re far too cultured and intelligent to be someone that needs to search the garbage for living.”

There’s always a certain stigma attached to anyone that works with society’s refuse. Explaining that I’m university educated and in my youth had been a group head director for a large oil company made me appear to be something of an enigma.  “I’ve spent most of my adulthood on some sort of quest for simplicity and peace. Having returned home after many long years abroad, everything that used to be important simply wasn’t anymore.  What few bills I have, the garbage of others easily pays. Plus I have a lot of free time to devote to just enjoying the beauty of the world around me.”
For the 20 minutes we spoke in the store’s aisle, I realised that this time we weren’t talking about her, but about me.  A conversation she wanted to continue over coffee.

I had noticed that when Summer laughed she got these beautiful wrinkles called crow’s feet around her eyes.  For some reason I found them an extremely attractive feature and as we sat in the café sipping coffee I soon found myself gazing continuously at her eyes.   The name Summer suited her perfectly.  She was blonde, a blonde the colour of a farmer’s straw and her eyes were the pale blue of the midday sky.  A lithe woman that favoured wearing long skirts and white cotton blouses, I could see that she wore sandals and had painted her toe nails 5 different colours, a different one for each toe.   Several hours had passed and we were now behaving like friends.  That dreaded male-female sexual tension dance had finally disappeared.

Of the time passed in the café and there was only one difficult moment when the waitress referred to Summer as my mother. I ignored the comment, as if it was never said. But Summer had heard the waitress’ bothersome words and my new friend was obviously agitated. So much so that she asked me if I cared to do a little bit of shopping.  Of course with nothing better to do, I accepted the offer.  I also had joked that it would be easier than dumpster diving, as we paid the bill and left.

There was nothing special in the shopping mall.  It was the usual selection of over priced clothes and useless cell phone with what I call Fasshole book application. I refused the suggestion of getting something to eat, noting that the quality of the food would undoubtedly be really bad.  When you live in a rich nation, just because you’re hungry is not an excuse to eat bad food.  So instead we visited the wine store and the super market and had a picnic on one of the benches where we were facing a pet shop.  Needless to say this gave me an idea.

In between mouthfuls of wine, I nonchalantly got up and walked over to the pet store.  Inside I purchased a small bowl and a goldfish, then returned to my companion.  I presented them to her as a gift.

“I think this little guy would be happier sleeping his bowl instead of your bed.”

Summer was shocked that I had purchased her a pet.  She protested my gift but I refused to take back the present.  After all when a gift is given, it’s given. The only question that remains is what someone will do with it after they receive it.  So when asked what she would do with a gold fish I suggested giving it some love and attention.  With a smirk she thanked me and before we said good bye she made certain I had her phone number; her real phone number this time.

I allowed a few more days to pass before trying to call her.  I had made a new friend and I didn’t want to jeopardize that by making it appear to be something else.  Answering the phone Summer was genuinely happy to talk to me.  The conversation lasted for 2 hours and I learned that Claude, as she had named her fish, was doing well.  But that he probably needed a bigger home because there was no room for decorations in his bowl.  Aquariums are expensive and my new friend wanted to search the Internet.  But since she didn’t have a computer, I offered that she could come over to my apartment and use one of my online accounts.  I would make my not so famous pizza for dinner and we could find Claude a new home together.  The date was fixed for the upcoming Friday evening.

When you treat a woman with courtesy and respect something incredible happens, the many different ambiances of love can fill a room.  I had started making pizza for the evening and it was a bit of an involved process.  First was making the dough and letting rise and second was the actual sauce.  Prefabricated store products are obviously easier and for some people it tastes better.  But for me, I’ve grown to hate all things commercialised, especially food.  I was busy putting the first pizza in the oven to cook when Summer knocked on the door.  With tomato stains on my shirt, I quickly finished what I was doing and answered the door.

“I hope it’s not your shirt that’s for dinner.”  Summer commented and I was happy that she had found her sense of humour.

“I just put a pizza in the oven to cook.  It won’t take long.”  I responded and as I walked into my bedroom to change my shirt, my friend informed me she brought some beer.  She had taken a moment to visit a local U-brew and convinced someone to sell her six homemade lagers.  This definitely impressed me, because I always liked beer but the manner it’s mass-produced makes even the so-called good brands taste revolting to me.

As I changed my shirt Summer glanced around my apartment and marvelled at how much it looked like the 1960s.  My old vinyl records, black light posters and furniture left no doubt that, despite my age, I was very much a hippie at heart.

“The 60s where a very wild period in time.  Personally I loved every moment of it.”   She stopped looking at my record collection and enquired if I always spoke to older women.  There was a tone of suspicion in her voice and I again put her at ease saying I talk to anyone that looks interesting, regardless of their age.  But in all honesty I have always found women more interesting than men.   I then mentioned how there used to a woman in my life but that she had died and I recounted her life story, as we waited for dinner to cook.

Summer herself was very much a child of the 60s and she had fallen madly in love with a man that called himself a peace and love guru.  She had lost herself in him and as the 1970s and the children of disco demonised the flower children; the man she committed herself to left her for another woman and a job offered by his soon to be father in-law.  For the 25 years after that it was just her and Roger, the stray mongrel dog she took home.   I can only guess that for some women they can love so deeply and strongly that they refuse to let themselves love another.

We put a bid on an aquarium and listened to Janis Joplin while enjoying the pizza and beer. For once my cooking turned out exactly as I had hoped it would, so I was happy to receive the compliments.  We sat on the sofa together facing each other discussing the world and many other things as the night wore on.  It had become obvious that both of us were trying to keep the conversation going at all costs.  However despite our efforts, a silence passed over us and that’s when the nature of our friendship changed.

Summer looked at me with intensity and began leaning forward toward me.  Instinctively, I closed my eyes and tipped my head slightly to the left; then, she kissed me.  Abruptly she pulled back and flash of fear washed over her face.  Reaching up with my hand, I stroked her face and it was me that leaned in to kiss her.  Between soft moans of contentment, we quickly found ourselves in my bedroom.

In the dim light and I allowed my eyes to look over her nude body. (Just because a woman gets older doesn’t mean she stops being a woman.) Her breasts were small but her blond hair was long and flowing past her shoulders.  As I trailed my finger tip across her stomach I noticed the beautiful triangle of womanhood; the natural symbol of sexual maturity and femininity of an époque that existed just before today’s artificial and plastic obsessed society.  Oh how I missed the simple pleasure of seeing a woman as she was created.

We made love without constraint and without barriers.  Each of us taking turns to please the other; and where there was incompatibility, finding silent comprises to satisfy our needs.  When it was over we both feel asleep, spooning and sharing a single pillow as the needle endlessly continued to skip at the end of the second Joplin album.  It was my habitual 3 am trip to the bathroom that finally silenced the skipping.

As usual, I awoke before 7am and decided to treat my friend and lover to coffee and breakfast in bed.  I decided on doing something simple so I put the percolator on the stove then began making toast.  Like most things in my home, my toaster is old and dates back to 1960.  It requires surveillance because it won’t eject the bread automatically and it was burning my 3rd slices when I noticed my friend and lover walk into the kitchen, she was fully dressed.

“I hope you don’t mind but I’ve got to get going.”  Her words did little to hide that she found this moment awkward.

“Can we at least have a cup of coffee before I walk you home.”  Despite having a good mood and always waking up early, I’ve never been very functional before coffee.

“No it’s ok I’ll just see myself out the door.”  She excused herself again, retreating from the kitchen.

I made another attempt asking to at least wait until I got dressed so I could walk her home but I was met with another refusal. Never having been a man that enjoys one night stands I directly confronted her.  Making it very clear that I didn’t intend to get stuck paying for an aquarium I didn’t need or want.  She retorted that the evening was wonderful but she didn’t want the complications of a relationship and more so not with a much younger man.  Exasperated I responded;

“I may not be an old man but I’m not a young man either.  I’m mature and I’m not looking for a complicated relationship.”  Summer was patient and stood there looking at me waiting for me to finish talking.  However it was my hope she would respond positively to what I had just said.  Sadly she wasn’t about to and had put up a proverbial wall around herself for protection and her silence presence told me she was giving me the chance to take it down.

“I’m not looking for a relationship with you or any other woman.  I’ve been all over the world and to be honest. I’m tired and just want simplicity in my life.  But that doesn’t mean I’m not looking for friends. Last night was wonderful but it doesn’t have to be more than it was.”  I was about to say more but she abruptly cut me off.

“So what was last night?”  She asked.
“It was two new friends enjoying some intimacy.” I responded.

She stood stoic for a moment studying me then asked what would I do if she said we could be friends but we couldn’t ever make love again.  I chuckled,

“Friendship is always more important than sex. But admittedly I would be very disappointed.”

Summer tossed her head back and folded her arms.  Then she spoke,
“Shit you’re an honest man.  Why weren’t you born 20 years earlier?”

Laughing I informed her that I no one ever asked me when I wanted to be born and then I made a comical face looking around at my 1960s themed apartment.  The atmosphere stopped being so serious and asked if she would wait long enough for me to put on my pants so that I could walk her home. Furthermore noting that it was chilly outside and only a nut would walk around in public wearing only a housecoat.  With a smile and contentment she responded.

“Well you could put your pants on….  Or”, coyly she added, “I could take mine off and we crawl back into bed.”

And of course I choose the obvious and it was just as beautiful as the first time. We had made a mature friendship based on honesty and respect.  Our intimacy is a natural expression of that maturity.  Sadly however, it eventually became necessary to return to our separate lives and Summer agreed to let me walk her home.  But that didn’t happen until Monday afternoon.